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La gestion des sols argileux en Provence

De St Maximin à Trets, en passant par Aix en Provence, Brignoles ou La Roquebrussanne, ne nous cachons pas derrière le manche de notre pelle, la terre de Provence est ar-gi-leuse ! Et ce n’est pas les fabricants de tomettes de Salernes qui nous contrediront. Les anciens la surnommait d'ailleurs « terre amoureuse », car après la pluie, elle est collante et lourde. Une belle définition de l’amour… Toujours est-il que pour bien cultiver cette terre, il faut en comprendre les mécanismes.

 

Petit cours de géologie

On classe usuellement les composants physiques du sol en trois catégories, selon leur taille, sachant que les éléments qui dépassent les 2 mm de grosseur sont classés à part (pierres, roche…). Ainsi donc dans l’ordre décroissant, nous avons : le sable, qui avec ses 2 mm à 50 microns de grosseur est le plus grossier. Les limons, de taille intermédiaire, qui mesurent de 50 microns à 2 microns, et enfin, les argiles, composants les plus fins, qui possèdent une taille inférieure à 2 microns (soit 0.002mm). Ce sont d’ailleurs les argiles qui permettent la création du fameux complexe argilo-humique, en réussissant à lier entre eux sables, limons et humus, grâce à la finesse de leurs grains qui agissent comme du mortier. Bien sûr, en terrain argileux, la proportion de ces argiles est élevée.

 

Mon sol est-il vraiment argileux ?

Si vous habitez en Provence, alors la réponse est sans conteste : oui ! Généralement, un sol argileux se reconnaît en surface, grâce à la végétation qui le colonise naturellement, comme souvent le plantain, le pissenlit, la pâquerette, le liseron ou le trèfle. Mais de manière plus sûre, on peut le confondre grâce au fameux test du boudin. Pour ce faire, prenez une poignée de terre humidifiée dans la main et pétrissez-la de manière à en faire un boudin. Si vous arrivez à en faire un anneau sans qu’il se brise, vous êtes en présence de terre argileuse. Et si en laissant tomber cet anneau à plat sur le sol, il ne se brise pas, c’est que vous êtes en présence d’un terre très argileuse (au moins 30%), et disons même un peu trop argileuse. C’est généralement le cas dans notre région…

 

Les plus et les moins

Mauvais point : les sols argileux retiennent facilement l’eau, et parfois même avec excès, ce qui peut conduire à des asphyxies racinaires. (L’occasion est trop belle pour rappeler que contrairement à ce que l’on pourrait croire, les racines des plantes ont autant besoin d’oxygène que d’eau.) S’ils ne sont pas suffisamment ressuyés (asséchés) après les pluies, leur travail est très pénible car ils collent aux chaussures et aux outils du jardinier, alourdissant considérablement chaque pas et chaque geste. A l’inverse, après un période de sécheresse, ils durcissent et se compactent de excessivement, ils se fissurent de manière typique à cause de phénomène de battance. Sa croûte superficielle devient tellement dure qu’elle peut empêcher les graines de germer et compromettre la levée de vos semis. La croissance des racines dans ce substrat compacté peut également être entravée. A la sortie de l’hiver, la terre est plus longue à se réchauffer, même si chez nous, ce n’est pas un gros problème. Par contre elle peut devenir brûlante durant l’été, et ça, ça nous concerne...
Bons points : les sols argileux, du fait de la densité de leur structure retiennent très bien les éléments nutritifs. Et même si par ici ils sont plutôt naturellement pauvres, ils sont assez faciles à fertiliser si l’on s’en donne les moyens. Et c’est tout ! Eh oui soyons honnêtes, les terres argileuses ne sont pas considérées comme étant une bénédiction pour le jardinier.

 

La gestion du sol :

Tous les amendements naturels sont susceptibles d’améliorer les terres argileuses, non seulement parce qu’ils apportent des éléments nutritifs, sous la forme de matières organiques, mais également parce qu’ils participent à son assouplissement en allégeant sa structure. Au printemps et à l’automne, 10 litres de fumier et 25 litres de compost étalés au sol puis incorporés par un léger griffage superficiel, sont des pratiques qui à la longue participent grandement à son amélioration. Les premières années de culture, on peut même doubler les doses. Evitez par contre l’utilisation de la tourbe dont les capacités exceptionnelles de rétention en eau viendraient s’ajouter dangereusement à celles de l’argile, surtout en cas d'arrosag automatique quotidien. (De toute façon, de manière générale, évitez l’utilisation de la tourbe en agriculture biologique, car ce n’est pas une ressource durable.)
Une bonne pratique en terre argileuse (et en jardinage bio en général) consiste à couvrir le sol d’un paillis végétal permanent (broyat, paille, feuilles mortes, tonte…) relativement épais (au moins 5 cm, sauf pour les tontes (3 cm maxi)). Ceci aura pour effet de le protéger des intempéries qui sont à l’origine du phénomène de battance et du compactage. D’autre part, la présence de ce paillis va entraîner l’arrivée d’une pédofaune nombreuse et multiple qui va s’en nourrir. Non seulement elle va transformer lentement cette matière organique en humus, mais en plus, son activité de triturage, de fouissage, ou de creusage de galeries va activement participer à l’aération on ne peut plus naturelle du sol. Autres avantages, et non des moindres, durant l’été, cette protection va limiter l’évaporation de l’eau d’arrosage et le développement des adventices.

 

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