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Jardiner en Provence

Les jardins de l’arrière-pays provençal se caractérisent par une nature de sol et des conditions climatiques spécifiques :

  • ils sont généralement situés sur des sols argilo-calcaires.
  • ils sont soumis à des conditions climatiques extrêmes, avec de grosses chaleurs en été et des froids importants en hiver.
  • ils doivent être capables d’endurer des sécheresses importantes.
  • Un sol argilo-calcaire

    Comme son nom l'indique, le sol argilo-calcaire est à la fois... argileux et calcaire !

    Qu'est-ce qu'un sol argileux ?

    C'est un sol lourd et compact, très collant lorsqu’il est humide (ça colle aux bottes et aux outils !), et très dur lorsqu’il est sec (au point que certaines graines peuvent avoir du mal à percer la surface). Il se fissure sous l’effet de la sécheresse. Par contre, il retient bien l’humidité et les minéraux et peut donc être productif s’il est correctement enrichi en éléments nutritifs. Il est difficile à travailler s'il n'est pas réssuyé et s’engorge vite lors de fortes pluies. Très compact, il empêche une bonne circulation de l’eau et de l’air, ainsi qu’un enracinement profond. On dit en général que lorsque le sol est bien mouillé, si vous prenez une boule de terre et que vous pouvez en faire un anneau, c’est qu’il est argileux.

    En savoir plus : Gestion des sols argileux en Provence

     

    Qu'est-ce qu'un sol calcaire ?

    Un sol est dit neutre lorsqu'il possède un PH de 7. En dessous, il est dit acide, au-dessus, il est dit basique ou alcalin. Les sols calcaires sont alcalins. Le calcaire a la fâcheuse tendance à bloquer certains éléments fertilisants, comme le fer ou le magnésium, qui deviennent alors non disponibles pour les plantes, entraînant des carences parfois fatales. D’un naturel relativement pauvre, le sol doit être fréquemment amendé. Certaines plantes ne supportent pas du tout le calcaire, comme les plantes de terre acide (azalées, camélias, rhododendrons, etc…). ou très mal, comme le pêcher, l’hortensia, etc… De plus, un sol calcaire est souvent caillouteux (qui a déjà creusé un trou dans notre région en sait quelque chose...)

    Les conséquences directes au niveau du jardinage :

    Le côté calcaire implique que, sur ce type de sol, sans précautions particulières, certaines plantes sont à proscrire et d’autres à privilégier. Si on veut par exemple planter des plantes acidophiles, il faut prévoir de les installer dans une fosse remplie de terre de bruyère. Si vous n’êtes pas un jardinier besogneux, optez pour des plantes adaptées qui ne vous poseront pas de problème. De manière générale, renseignez-vous toujours sur la tolérance au calcaire des plantes que vous prévoyez de planter. Le côté argileux implique une gestion suivie du sol car par l’amendement, on peut corriger ses défauts et améliorer sa structure. En incorporant des amendements type compost, tourbe, fumier ou par le biais du paillage, on va augmenter son taux d’humus, et ainsi, réduire son alcalinité et le décompacter, si bien que l’air et l’eau circuleront mieux. Cependant soyons honnêtes, on ne fera jamais d’une terre argileuse un havre limoneux. Deux amendements annuels, au début du printemps et à la fin de l’été (après les premières pluies) sont idéaux.

     

    Des étés chauds et des hivers froids

    Comme le veut le cliché, l’été, en Provence, les cigales chantent, et il fait chaud. Il peut faire même très chaud, et les plantes doivent être capables de supporter un soleil brûlant et des températures supérieures à 35°c pendant plusieurs semaines. Ce n’est pas à la portée de tout le monde… Surtout que l’hiver, si les journées sont belles et agréables, les températures nocturnes descendent très souvent sous 0°c, jusqu’à -10°c et même davantage certaines années. Si l’on ajoute à cela un bon coup de mistral par-dessus, la température ressentie devient glaciale pour ne pas dire sibérique. Les plantes pourtant locales mais frileuses (oliviers, laurier-rose…) peuvent voir leur partie aérienne totalement griller. Les plantes gélives au-delà de -5°c sont donc à proscrire sauf installation particulière (en pot sous abri, à l’abri du mistral, contre un mur exposé au sud...). La dernière génération de mimosas adultes à St Maximin est morte lors de l’hiver 2012. Paix à son âme.Bien sûr certains sont repartis du pied, mais il y aura toujours un hiver plus rigoureux que les autres pour venir à bout de vos plantes trop gélives ou tout du moins faire mourir leurs parties aériennes. Oubliez donc, plumbagos, bougainvillées, polygalas, et autres lantanas, en pleine terre, ils ne passeraient même pas le premier hiver. Vous n'êtes pas au bord de la mer !

     

    Une pluviométrie particulière

    Si dans notre région, la Provence est « verte », par opposition à la traditionnelle Provence de Pagnol, faite de garrigues et de pins, au paysage sec et aride, c’est qu’elle est principalement peuplée de chênes verts ou blancs (ou plutôt pédonculés), qui lui confèrent son aspect verdoyant. Il est certain que la pluviométrie est un peu plus abondante que dans le reste de la région, mais attention, on n’est pas pour autant à Fontainebleau. Les chênes blancs sont par ici de solides gaillards endurcis, leur petite taille indiquant les difficultés de croissance qu’induit le manque d’eau. Bien sûr les pluies de printemps et d’automne sont abondantes et les orages d’été plus fréquents que vers Aubagne ou le bord de mer, mais les conditions estivales restent dures. Les chaleurs sont telles que l’évaporation est très importante et les bénéfices d’une pluie d’été disparaissent en quelques jours à peine. Et l’on peut très bien passer les trois mois d’été sans voir tomber une goutte d’eau. Attention sécheresse ! Alors autant se le dire, ici, sans arrosage, rien ne pousse, ou au mieux, ça végète. A moins de partir sur un jardin « naturel » avec des plantes endémiques (lavandes, lauriers-tin, oliviers, arbousiers, chênes verts et pédonculés, pistachiers lentisques, genévriers, etc…) ou bien « méditerranéen » (mais bien-sûr, avec des plantes non gélives), vous ne pourrez pas vous passer d’un généreux arrosage. C'est Véolia qui va être content.

     

    Des pratiques spécifiques

    En Provence, comme dans tout le grand sud de la France, le jardinier n'évolue pas dans un environnement commun au plus grand nombre. Il est confronté à des ravageurs et des problèmes endémiques : tigre et chancre coloré du platane, charançon du palmier, chenille processionnaire du pin... mais aussi ceux qu'on retrouve un peu partout : pyrale du buis, mineuse du marronnier... Il se doit de maîtriser la culture de l'olivier, taille et récolte comprise. Il s'efforce de récupérer les eaux de pluie, ce trésor tombé du ciel, sans pour autant que les citernes ne se tranforment en pouponnière à moustiques-tigre. Il n'est pas inutile qu'il maitrîse les rudiments de l'art de la pierre sèche pour restaurer la restanque qui s'écroule au fond du jardin. Il est soumis à des obligations de débroussaillement du fait des risques incendies important en été et pour les mêmes raisons, il ne peut pratiquer l'écobuage que sous de très strictes conditions. D'où une gestion des déchets verts à laquelle il doit réfléchir sérieusement. Autant de sujets qui feront l'objet d'articles nombreux dans les temps à venir.

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On sort autant de pierre que de pierre.

A St Maximin, les trous de plantation se creusent à la barre à mine...